
La nuit est agitée. Le vent souffle fort. Vers 4 heures du matin, Jacques et sa femme sont définitivement réveillés par le gyrophare des pompiers. Ils réalisent que la perturbation est plus forte que d'habitude. "Les pompiers sont venus cogner à notre volet, ils étaient en train d'évacuer tout le quartier. Toute la nuit, leur travail a été exemplaire."
"Sur le coup on pense d'abord à se sortir de là et à indiquer aux pompiers les voisins qui pourraient éventuellement être chez eux, raconte Jacques. Mais quand on réalise, ça fait quand même un drôle de choc." Le niveau de l'eau est monté jusqu'à 1 m 80 au rez-de-chaussée de leur maison. A 8 heures du matin Jacques et sa femme sont transportés chez leur fils, qui habite au centre de l'île. Ils découvrent leur quartier comme ils ne l'ont jamais vu : "On aurait dit un énorme lac."
Heureusement, le magasin de bricolage de Jacques est situé dans les terres, il pourra reprendre rapidement son activité professionnelle. Mais chez lui, les pertes matérielles s'ajoutent aux pertes sentimentales. Il va falloir du temps pour faire l'inventaire de ce qui a été détruit ou perdu. Sorti de chez lui avec "un pantalon et une paire de chaussons", Jacques appréhende ce travail de tri et de nettoyage qui l'attend. Une vie emportée par les eaux.
J'ai commencé à signaler le sinistre à mon assurance, c'est en attente." Attendre que le niveau de l'eau baisse, c'est tout ce qu'il reste à faire, des pompes sont en action depuis deux jours pour draîner l'eau du village. "On va dormir chez des amis quelques nuits et si on ne peut toujours pas rentrer chez nous, on va prendre une location quelque part pendant huit jours ou plus, on sait pas du tout..."
Abattu, Jacques Jézéquel reconnaît tout de même la fatalité de cette catastrophe naturelle. "Peut-être que les digues manquaient d'entretien, pourtant on dispose des outils pour le faire. Mais bon, c'est surtout la force de la nature, on n'y peut rien..."
(Pourquoi Xyntia ?)
Du coup, Météo France, comme les autres services de météo nationale en Europe, reprend les prénoms affectés par les Allemands même s’ils ne sont utilisés qu’en cas de dépression particulière qui mérite une communication auprès du grand public.
Car à Berlin, toutes les dépressions, tous les anticyclones, portent un nom dès qu’ils apparaissent : les années paires, ce sont des prénoms féminins, les années impaires, des prénoms masculins. Ainsi, en janvier 2009, c’est Klaus qui a frappé le sud-ouest et surtout les Landes. Cette année, c’est Xynthia - et les grandes marées - qui a dévasté le littoral de Vendée et des Charentes.
Et entre temps, l’on a fait plusieurs fois le tour complet de l’alphabet. Car des dépressions et des anticyclones, il s’en forme plusieurs fois par jour sur l’hémisphère nord et l’on a vite épuisé les 26 lettres.
Les tempêtes tropicales, comme Katrina en Louisiane en 2005 ou l’ouragan Gustav en 2008 sur Haïti, pour en citer deux parmi les plus récents, répondent quant à eux à une classification différente selon les bassins (Atlantique, Pacifique, Indien...) La seule année 2009 a vu défiler en rafales, souvent meurtrières, Anna, Danny, Erika, Fred, Henri et Ida, en novembre dernier sur le Salvador.