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Optimisez vos possibilités
par Rodolphe Debureau
Article paru dans Triathlète magazine Numéro
183 - Juillet 2002
édité pour onlinetri.com
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VMA, seuil, côtes, lactique, force, PPG, enchaînement, multi-enchainement,
sortie longue, technique, … Autant de séances qui peuvent laisser
le triathlète perplexe quant au choix des séances devant figurer dans
sa programmation. Après une brève analyse de l’activité, je vous propose
quelles peuvent être les séances clés en période estivale pour un
triathlète de bon niveau s’entraînant 10-15heures par semaine. Analysons
tout d’abord un triathlon Courte Distance ( non drafting ) pour un
athlète entraîné :
-
Durée : + ou – 2 heures d’effort
-
Intensité : < ou = au seuil anaérobie.
-
Natation : 15-20% du temps total de l’épreuve
pour environ 1000 actions motrices.
-
Vélo : 50% du temps total de l’épreuve pour
environ 5000 actions motrices
-
Cap : 30-35% du temps total de l’épreuve
pour environ 3000 actions motrices.
Vu le nombre d’actions motrices réalisées lors d’un
triathlon Courte Distance Olympique, le paramètre technique de l’activité
ne peut être occulté. Le triathlon est un sport aérobie puisque au-delà
de 3 minutes, les processus aérobies sont majoritaires. Afin de développer
efficacement une qualité physique, il faut qu’il y ait une fréquence
de stimuli suffisante, c’est à dire un nombre suffisant de séances au
sein d’un cycle de développement visant au développement de cette qualité.
1- Quelle vitesse développe au maximum les processus aérobies et
permet d’y réaliser un volume de travail important ?
C'est sans conteste la vitesse au seuil anaérobie. Le travail au
seuil anaérobie est intéressant sur plusieurs points et permet :
-
d’augmenter la vitesse au seuil anaérobie
-
d’évoluer plus longtemps au seuil anaérobie
-
de diminuer le coût énergétique au seuil anaérobie
(économie)
-
de mémoriser une allure qui correspond plus ou
moins à l’allure de course.
2- Le triathlète s ‘entraînant 10-15 heures
par semaine peut-il se permettre de réaliser les mêmes séances que des
triathlètes réalisant 20 à 25 heures ?
Un volume d’entraînement hebdomadaire plus élevé permet deux choses :
3- De plus, un triathlète de niveau régional a t-il les mêmes
facteurs limitant qu’un athlète de classe internationale ? Est-ce
que les séances de développement de la VO2 ( les fameuses séances
à VMA ) sont aussi importantes pour lui ?
Premièrement quand on analyse l’entraînement des nageurs, cyclistes
et coureurs de haut niveau, on s’aperçoit qu’ils n’accordent pas tous
la même importance à ce paramètre physiologique. Seuls les coureurs
semblent s’astreindre à ces séances hebdomadaires. Certes ces coureurs
cherchent à développer VO2, mais cherchent également un bon travail
neuromusculaire, de vitesse gestuelle où la force développée à chaque
appui sera importante.
Il est clair que plus le niveau d’expertise sera élevé chez le triathlète,
plus il devra rechercher les adaptations périphériques ( coordination
intra et intermusculaire, endurance aérobie locale, …) au profit d’adaptations
centrales plus profitables aux triathlètes de niveau moindre. De plus,
mon expérience d’entraîneur m’a montré que la VMA avait tendance à
augmenter même chez des athlètes ne réalisant qu’un travail au seuil
anaérobie ( c’est à dire sans séances de développement à VMA ).
Pour le triathlète ne disposant que de 10-15 heures d’entraînement
hebdomadaire, la stratégie pourrait être la suivante :
Commençons par rechercher les vitesses au seuil dans chaque discipline
et à en déduire les allures de travail en fonction de celles-ci.
| Comment déterminer les vitesses critiques (VC) |
SRM, Power Tap, Computrainer, Accusport, K4, … Autant de matériel
moderne qui permette de quantifier l’intensité du travail avec précision.
Le triathlète lambda n’aura pas accès à ce genre de matériel ;
malgré cela, plusieurs repères lui permettront de quantifier au mieux
l’intensité de l’exercice.
-
cardiofréquencemètre
-
vitesse en km/h ou en m/s
-
pénibilité (Echelle de Borg)
-
essoufflement (amplitude et fréquence cycle inspiration/expiration
– seuil ventilatoire )
Natation
Test rectangulaire de 2000m en étant le plus régulier possible. Noter
les coups de bras par 25m ou par 50m ainsi que les cadences de nage :
nombre de cycle (bras droit + bras gauche ) par minute et les pulsations
à l’arrivée.
Remarque : une augmentation d’un test à l’autre du paramètre
cadence de nage traduira une évolution physiologique du nageur, alors
qu’une diminution du nombre de coups de bras par 50m traduira une
évolution de sa technique de nage.
Course à pied
Toujours par un test rectangulaire, c’est à dire sur une épreuve de
Cap ‘’pure’’( choisir des courses FFA, afin que la distance soit mesurée
précisément ).
RECORD
PERSONNEL SUR LA DISTANCE
|
VITESSES
AU SEUIL |
|
|
5km
|
10km
|
15km(l’idéal)
|
21,1
km
|
SA
|
10km
|
|
1000
|
TRI
(théorique) |
|
19'17
|
39'59
|
1h01'29
|
1h28'31
|
4'07
|
41'10
|
|
18'58
|
39'20
|
1h00'28
|
1h27'04
|
4'04
|
40'40
|
|
18'40
|
38'42
|
59'30
|
1h25'40
|
4'00
|
40'00
|
|
18'22
|
38'06
|
58'33
|
1h24'18
|
3'56
|
39'20
|
|
18'05
|
37'31
|
57'39
|
1h23'00
|
3'53
|
38'50
|
|
17'49
|
36'57
|
56'46
|
1h21'43
|
3'50
|
38'20
|
|
17'33
|
36'24
|
55'55
|
1h20'30
|
3'45
|
37'30
|
|
17'17
|
35'52
|
55'06
|
1h19'18
|
3'43
|
37'10
|
|
17'03
|
35'22
|
54'18
|
1h18'09
|
3'42
|
37'00
|
|
16'48
|
34'52
|
53'32
|
1h17'02
|
3'40
|
36'40
|
|
16'34
|
34'23
|
52'47
|
1h15'57
|
3'37
|
36'10
|
|
16'20
|
33'55
|
52'03
|
1h14'54
|
3'34
|
35'40
|
|
16'07
|
33'28
|
51'21
|
1h13'53
|
3'32
|
35'20
|
|
15'54
|
33'01
|
50'40
|
1h12'53
|
3'26
|
34'20
|
|
15'42
|
32'35
|
50'00
|
1h11'56
|
3'24
|
34'00
|
|
La pulsation moyenne obtenue sur un 15km sera un bon indicateur du
seuil anaérobie en Cap.
Le 10km sera couru 2-3 battements au-dessus et le semi-marathon 2-3
battements en dessous.
Le 15km représente la meilleure distance car au-dessus la limite musculaire
sera trop importante pour les non-spécialistes, et pour le 5km, la
fraction anaérobie n’est pas négligeable.
Vélo
Les paramètres extérieurs en vélo, étant trop nombreux
( vent, déclivité, … ) il serait illogique d’exprimer la vitesse critique
en km/h. Au seuil anaérobie à vélo, le but est de retrouver les mêmes
sensations ventilatoires qu’en Cap. On a coutume de dire que le seuil
anaérobie en vélo est inférieur de 7 à 10 bpm au seuil anaérobie en
cap. On avance la théorie que la somme des masses musculaires mises
en jeu est moins importantes en cyclisme. Cette différence est essentiellement
du au fait qu’en cyclisme, le facteur limitant est bien souvent d’ordre
musculaire ( quadriceps, ischios, fessiers saturés avant le système
cardiovasculaire.) Et au fait que le triathlète est bien souvent moins
pointu dans sa préparation cycliste qu’il ne peut l’être en natation,
ou en cap. Le temps passé sur le vélo représentera toujours 50% du
temps total d’un triathlon ( du sprint à l’Ironman ) et la gestion
de cette portion conditionnera grandement l’épreuve pédestre. Il doit
donc alors représenter la moitié du temps d’entraînement hebdomadaire.
Un bon test pourrait être un contre la montre de 30 à 40km avec enregistrement
de la fréquence cardiaque moyenne. Le chiffre obtenu sera très proche
du seuil anaérobie en vélo. (Bien que très influencé par la cadence
de pédalage utilisée.)
Si l’allure au seuil anaérobie semble être l’allure idéale,
pourquoi ne pas réaliser l’intégralité de ses entrainements à ces
allures ?
C’est une allure cruciale mais fatigante qui épuise rapidement les
stocks de glycogène, et où il faut environ 48 heures pour les restaurer
complètement. Le travail en endurance ( zone 1 et 2 ) crée aussi des
adaptations.
Il permet un travail de la capacité aérobie qui permet de maintenir
un haut niveau d’exigence technique, d’épargner les réserves de glycogène
au profit d’une utilisation préférentiel des acides gras, de réaliser
des sorties longues ( utiles autant physiologiquement que psychologiquement
), d’augmenter le nombre de capillaires intramusculaires, d’augmenter
le volume d’éjection systolique, d’augmenter la taille et le nombre
des mitochondries,...
| Détermination des allures en fonction des
vitesses critiques |
|
ZONES
|
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
6
|
|
ALLURES
|
RECUP
|
ENDURANCE
|
TEMPO
|
SEUIL
|
VO2
|
LACTIQUE
|
|
RPE
|
6-9
|
10-12
|
13-14
|
15-17
|
18-19
|
20
|
|
NAT
|
variable
|
Temps du 2000m par 100m + 6’’
|
Temps du 2000m par 100m + 4’
|
Temps du 2000m
|
Temps du 2000m par 100m –4’’
|
variable
|
|
VEL
|
65-81% SA
|
82-88% SA
|
89-93% SA
|
94-100% SA
|
103-105% SA
|
106 et +% SA
|
|
CAP
|
65-84% SA
|
85-91% SA
|
92-95% SA
|
96-100% SA
|
103-105% SA
|
106 et + % SA
|
Remarques :
-
Exemple pour un coureur ayant un SA à 180 bpm,
il fera ses footing zone 2 entre 147 et 158 bpm et ses séances au
seuil entre 174 et 180.
-
Il y a une corrélation étroite entre la FC et
la vitesse au moins jusqu’au seuil anaérobie. Au-delà, la fréquence
cardiaque n’est plus un indicateur fiable.
- En natation, on applique normalement un coefficient pondérateur
en fonction de la distance choisie pour la série.
| Les séances clées dans le microcycle |
Comme vu précédemment, nous partirons sur un postulat de départ de 3
à 4 séances maxi par discipline:
- une séance à dominante technique ( ne veut pas forcément dire
composée d’éducatifs ).
- une séance au seuil anaérobie ( on estime que pour un développement
efficace de ce paramètre, il faut consacrer entre 15 et 40’ à cette
allure au cours de la séance, en continu ou par intervalles, avec
des temps de repos variables suivant la sollicitation, et la grandeur
de la charge que l’on veut imposer ).
- une sortie longue ( au moins une semaine sur deux pour la cap).
- une séance de côtes en vélo ( au moins une séance sur deux ).
- une ou plusieurs séance(s) d’enchaînement.
Remarque 1: une séance de natation en
zone 2 peut rester facile cardiaquement mais difficile techniquement
et musculairement. Exemple : 3x800m p=1’ nage complète zone 2 avec
un nombre de coups de bras régulier par 50m et sur les trois 800m peut
s’avérer délicat.
Remarque 2 : Pour varier les stimulations musculaires en
vélo, une côte peut être monter de 6 façons différentes :
-
avec un gros développement assis ou debout
-
avec un très faible développement et une cadence
de pédalage élevée assis ou debout
-
avec un braquet moyen ( celui que les jambes
préfèrent en principe ) assis ou debout.
Remarque 3 : Il n’y aura pas de séances
en zone 3, cette allure étant plutôt réservée aux adeptes du triathlon
longue distance et provoquant moins d’adaptations que les zones 2 et
4.
Remarque 4 : Il y a peu de journées de
repos complet – des demi-journées suffisent et on récupérera toujours
mieux activement.
Rodolphe DEBUREAU
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