felipe a écrit : 25 févr. 2023, 14:18
Les Russes ont compris depuis plusieurs années qu'une guerre ne se gagne pas seulement sur le champs de bataille, surtout face à des pays démocratiques, mais aussi dans l'opinion civile.
Les Russes sont devenus très forts en matière de manipulation des opinions publiques via les réseaux sociaux et en infiltration informatique.
Nous avons des années de retard dans ce domaine.
A la base on a les 4-D - Deny / Deflect / Distract / Discredit
Deny : Les russes ne font même pas la guerre à l'Ukraine, c'est juste une "Opération militaire spéciale"... Ils nient en bloc être responsable de quoi que ce soit. De façon surprenante alors que c'est le conflit le plus médiatiser au monde, certains arrivent à remettre en cause la réalité de l'invasion (ex.
catturd2 - un compte d'influence chez les "MAGA")
Deflect : Si la réalité de la guerre doit être acceptée, alors il faut dire que c'est la faute des ukrainiens, de l'OTAN, de l'Ouest... La russie ne fait finalement que "répondre" et se fait entrainer bien malgré elle dans la guerre... (je peux renvoyer aux discours récents de Poutine).
Distract : Si l'on doit admettre la responsabilité de la russie alors on va détourner le sujet sur le fait que l'Ukraine/les US/l'OTAN/l'Europe ont leur lot de casseroles. C'est par exemple ce que faisait la cruche citée plus haut qui condamne l'intervention russe MAIS qui passe plus d'un tiers de son intervention à blamer les ukrainiens.
Discredit : Les critiques sont forcement russophones, ont peur de la russie, sont envieux etc...
Ca c'est pour la base.
L'industrialisation de la propagande en ligne est parfois un peu plus subtile comme créer des comptes "pro-ukrainiens" pour attirer une large audience de soutien puis de les faire "douter" (ex. accusation de malversation chez les ukrainiens etc...).
On retrouve cela à plein de niveau bien entendu de Poutine et ses discours coupé de la réalité aux "trolls" sur le net, à tous les "influenceurs" payés d'une façon ou d'une autre par les russes, aux idiots utiles.
Ca marche plutôt bien chez les personnes qui suivent le conflit de manière distante et qui, voyant des informations contradictoires, se disent que la responsabilité du conflit doit finalement être partagée. L'esprit critique est annihilé, ce qui est l'objectif (ça serait plus compliqué d'en faire des pro-russes).
C'est dommage que cela arrive aussi aux journalistes (lorsqu'ils disent par exemple que des enfants ukrainiens sont "déplacés" en russie au lieu de dire "déportés"), que l'on parle de "séparatistes" alors que c'était déjà les russes qui étaient en action, etc...
T.