progresser "scientifiquement" en triathlon

Que faire pour aller plus vite, plus loin, plus longtemps? Ici on débat de tout ce qui touche de près ou de loin à la préparation physique et mentale (y compris les clubs).
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nfkb
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Re: progresser "scientifiquement" en triathlon

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olivcody a écrit : pour en revenir à l'utilité de la perte de poids (sans mettre la charrue avant les boeufs), si je garde ma puissance musculaire avec moins de poids à propulser, j'aurais un meilleur rendement donc plus de vitesse ou une économie d'energie à meme vitesse (quid du cardio?). je fais un peu mon ericD là....
il est clair et démontré qu'un même coureur plus léger de 1 ou 2 kg améliore sensiblement sa performance maximale en course à pied
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Taborniau
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Re: progresser "scientifiquement" en triathlon

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olivcody a écrit :pour en revenir à l'utilité de la perte de poids (sans mettre la charrue avant les boeufs), si je garde ma puissance musculaire avec moins de poids à propulser, j'aurais un meilleur rendement donc plus de vitesse ou une économie d'energie à meme vitesse (quid du cardio?). je fais un peu mon ericD là....
Lorsqu'on perd du poids, c'est de la graisse certes, mais également du muscle. C'est tout le paradoxe: être en surpoids signifie également posséder une importante musculature, nécessaire pour mobiliser cette masse plus importante. En exemple regarde ces clichés d'IRM:

Image

Donc, en parlant d'une personne appliquant une simple réduction quantitative des calories ingérées sans modification qualitative (respectant les mêmes pourcentages de macronutriments) et ne modifiant pas son activité physique, le bilan final de la réduction de masse corporelle de 5% sera de 5% de graisse en moins et 5% de masse maigre (dont les muscles) en moins (une homothétie, en simplifiant :wink: ).

Si tu veux jouer sur ta composition corporelle, c'est soit par des modifications qualitatives de nutriments ingérés, soit via le volet charge d'activité physique.
La balance anabolisme/catabolisme musculaire dicte la prise ou perte de masse maigre. L'anabolisme est régi par des stimulus locaux sous forme de répétitions de contractions, et systémiques en présence d'acides aminés et d'un statut hormonal favorable. Le catabolisme est lui dicté par les besoins énergétiques locaux et systémiques (ces derniers renseignés par le statut hormonal). Tant et si bien que lors d'une diminution des apports caloriques maintenue dans la durée (régime), le catabolisme est augmenté tandis que l'anabolisme est conservé (en l'absence de stimulus additionnels). Au final la balance devient négative et on perd du muscle.

Le tissu adipeux c'est un peu plus simple (en schématisant): il suit la balance énergétique globale de l'organisme. En cas de perte de poids il diminue, et inversement.

Ainsi, attention aux illusions sur la perte "magique" de poids: il s'agit de l'accompagner de mesures stimulant l'anabolisme (augmentation de la part protéique alimentaire -attention limites toxiques- ; augmentation des stimulus contractiles) pour modifier sa composition corporelle. Cette dernière est, à son tour, liée au rendement mentionné (la masse grasse n'est d'aucune aide à la propulsion, à l'inverse du muscle) et donc au gain de performance escompté.
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nfkb
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Taborniau a écrit :
Donc, en parlant d'une personne appliquant une simple réduction quantitative des calories ingérées sans modification qualitative (respectant les mêmes pourcentages de macronutriments) et ne modifiant pas son activité physique, le bilan final de la réduction de masse corporelle de 5% sera de 5% de graisse en moins et 5% de masse maigre (dont les muscles) en moins (une homothétie, en simplifiant :wink: ).
Bonjour,

sur quoi te bases tu pour dire ça ?

Parce que moi j'ai quand même en tête que
1) il existe des obèses sarcopéniques
2) Lorsque l'on perd du poids on peut tout à fait perdre plus de gras que de masse maigre.

cf cet article récent bien ficelé
http://www.nutritionjrnl.com/article/S0 ... 7/abstract
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Taborniau
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Re: progresser "scientifiquement" en triathlon

Message non lu par Taborniau »

Je savais que cette phrase allait faire l'objet de discussions. :)

Dans ton article, ils ont associé un déficit calorique à des stimulus anaboliques musculaires (le groupe MT avait une prescription d'activité physique, et le % protéique alimentaire était augmenté tant en MT qu'en BS).

Plus haut, je pointais précisément qu'une balance énergétique négative respectant les mêmes % de macronutriments et en l'absence de stimulus anabolique (pas d'augmentation d'activité physique) aboutirait à une homothétie (perte proportionnelle dans chaque domaine). Si tu rajoutes des stimulus anaboliques, naturellement que la masse maigre sera moins diminuée que la masse grasse (c'est même l'objet des recommandations actuelles).

Pour plus de détails je te réfère à leur discussion sur ce point, en page 52 (et aux refs 6 et 12).
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Trim
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Message non lu par Trim »

Salut,

Je pense que toute généralité sur le lien masse totale / masse musculaire est dangereuse
- 2 facteurs majeurs impactent cela: l'alimentation et l'activité physique
- Sur l'alimentation: je lis avec beaucoup d'attention toutes les discussions sur les régimes alimentaires: Low Carbon High Fat vs. "Les amateurs de pâtes", hyper protéiné vs. équilibré,... mon expérience personnelle montre que le corps est une formidable machine à transformer ce qui rentre pour en faire ce qu'il a besoin et que globalement, c'est avant tout une soustraction très simple: Calories ingérées - Calories dépensées. Tout le reste est très important mais quand on parle "d'ajustement". Quand l'unité de mesure n'est pas le kg, mais plutôt 5 voire 10kg (nous sommes quelques uns sur ce forum...) faut pas croire qu'on gagnera significativement en travaillant uniquement sur la qualité (de l'alimentation et de l'entrainement). Il faut avant tout travailler sur le volume.
Schématiquement
- si on perd 10kg en mangeant de la salade et du jambon dégraissé à tous les repas, évidemment que la masse musculaire va diminuer en parallèle
- si on perd 10kg en passant de 5h d'entrainement par semaine à 15h... la perte sera avant tout sur la masse graisseuse et il est fort probable que la masse musculaire augmente

Etant un scientifique de formation, mon but n'est surtout pas de dénigrer les études auxquelles il est fait référence plus haut, mais je pense qu'il faut aussi admettre qu'à un certain stade, les écarts par rapport à la norme sont tellement importants que les actions sont évidentes.
Je fais 110kg et je m’entraîne en moyenne 6 à 8h par semaine: cela ne m'empêche pas de faire des épreuves longues distances en me faisant plaisir, maintenant je ne me mens pas: la meilleure chose à faire si je voulais aller plus vite serait 1 - de manger moins et 2 - de m’entraîner plus. Sans savoir au gramme près l'impact sur ma masse musculaire...
La réflexion sur la qualité (de l'alimentation et de l'entrainement) prend tout son sens à un certain niveau de performance. Avant il faut rester simple et travailler sur le volume.

Trim
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Re: progresser "scientifiquement" en triathlon

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Taborniau a écrit : Dans ton article, ils ont associé un déficit calorique à des stimulus anaboliques musculaires (le groupe MT avait une prescription d'activité physique, et le % protéique alimentaire était augmenté tant en MT qu'en BS).

Plus haut, je pointais précisément qu'une balance énergétique négative respectant les mêmes % de macronutriments et en l'absence de stimulus anabolique (pas d'augmentation d'activité physique) aboutirait à une homothétie (perte proportionnelle dans chaque domaine). Si tu rajoutes des stimulus anaboliques, naturellement que la masse maigre sera moins diminuée que la masse grasse (c'est même l'objet des recommandations actuelles).

Pour plus de détails je te réfère à leur discussion sur ce point, en page 52 (et aux refs 6 et 12).
Ok merci pour ces précisions :) néanmoins notre ami à l'air quand même volontaire pour faire un peu de sport, donc ça devrait bien se passer non ?
En plus dans le groupe MT je lis "25% and 35% of total calories from protein" ça parait dans la fourchette haute de ce qu'on peut trouver habituellement mais pas dingue non plus.

Tu es étudiant dans quel domaine ?
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Re: progresser "scientifiquement" en triathlon

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Trim a écrit : La réflexion sur la qualité (de l'alimentation et de l'entrainement) prend tout son sens à un certain niveau de performance. Avant il faut rester simple et travailler sur le volume.

Trim
travailler sur le volume de ce qui rentre en matière d'alimentation doit être une priorité si surpoids mais je pense qu'il faut travailler qualitativement à l'entrainement (=HIIT) ;)

Par ailleurs, en débutant une réflexion sur son alimentation je pense qu'il est bénéfique de profiter d'une diminution de volume pour aussi se pencher sur la qualité avec des aliments plus denses nutritionnellement : noix & co, fruits par exemple versus carbs classiques : riz blanc, pâtes, pommes de terre. Pour moi un peu de féculents en moins me laisse un peu d'appétit pour un fruit.
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Nfkb

Pour moi, l'appétit n'a jamais été un problème... au contraire :lol:

Pour le travail qualitatif, je suis partagé:
- OUI, les bénéfices sont évidents
- MAIS,
1) gros risques de blessures si mal géré (mauvais choix des exercices, trop souvent,...)... encore plus pour les gros gabarits
2) Pour perdre du poids, une bonne grosse sortie en vélo à un rythme tranquille, il n'y a pas mieux (c'est du vécu): ce n'est pas traumatisant (articulation,...), tu brûles tranquillement tes calories, et si en plus tu choisis bien ton parcours, tu admires le paysage...
olivcody
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Re: progresser "scientifiquement" en triathlon

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j'ai conscience qu'une perte de poids intègre une perte de masse musculaire, je l'ai d'ailleurs fait remarqué en parlant de musculature inutile.
car j'en reste à l'etude des photos IRM, on constate une diminution de certains muscles (quadriceps), mais une augmentation d'autres (molets).
mon analyse au pifomètre est qu'un "gros puissant" n'est pas forcement plus rapide "qu'un mince véloce", surtout sur une epreuve de fond....

je retrouve ce genre de discutions dans les sujets sur la sèche en musculation. on entre dans une alimentation tellement precise (10 amandes à 16h) qu'il faut y consacrer presque tout son temps.
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