La "raison d'état"

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Richie
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La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 25 août 2010 09:25

http://www.lemonde.fr/imprimer/article/ ... 02385.html

Selon leur ancien médecin, certains Bleus présentaient des analyses de sang suspectes en 1998
25.08.10 | 08h42

Certains joueurs de l'équipe de France, juste avant la Coupe du monde de football de 1998, qu'ils ont remportée, "présentaient des analyses de sang suspectes", indique mercredi 25 août Le Parisien/Aujourd'hui en France, qui s'appuie sur les affirmations de l'ancien médecin des Bleus.


"Des analyses de sang ont révélé des anomalies sur plusieurs Bleus juste avant la Coupe du Monde 1998. On peut avoir de forts soupçons quand on connaît les clubs où certains joueurs évoluaient, notamment ceux du championnat en Italie", écrit dans son livre L'Implosion (éditions Michel Lafon), à paraître jeudi, Jean-Pierre Paclet, médecin entre 1993 et 2008 de l'équipe de France Espoirs puis de l'équipe de France, celle qui ira en finale du Mondial de 2006.

Dans un entretien au journal, le médecin, qui se livre par ailleurs à une avalanche de révélations sur les relations au sein de l'équipe nationale, précise qu'il ne fait que dire "ce que tout le monde sait". "Je n'ai rien inventé. Avoir un taux d'hématocrite élevé ne prouvait pas qu'ils avaient pris de l'EPO. Comme il n'y avait pas de preuves, on ne les a pas embêtés."

Néanmoins, "c'est de notoriété publique qu'il y avait des pratiques pour le moins limites à la Juventus [de Turin, NDLR] à l'époque", club dans lequel jouaient notamment Zinedine Zidane et Didier Deschamps, affirme M. Paclet.

"LA RAISON D'ÉTAT L'A EMPORTÉ"

Le médecin, qui n'était pas en fonction au sein de l'équipe de France en 1998, écrit dans son livre : "Je ne sais pas ce que j'aurais fait à la place de Jean-Marcel Ferret, le médecin de l'équipe de France de l'époque. Il était face à un cas de conscience."

Ce dernier, interrogé par le journal, assure qu'il "tombe des nues" face à ces accusations : "Nous n'avons rien trouvé. Il n'y a eu que deux légères anomalies au niveau de taux d'hématocrite. Mais elles étaient liées à la fatigue du championnat", dit-il.

Au final, "la raison d'Etat l'a emporté. C'était plus fort que tout. Il n'y avait rien à faire. Et puis, cette année-là, il y a eu de la croissance à la clé pour le pays ; alors, vous savez... Rien ne dit cependant que si on avait poussé les analyses on aurait trouvé des preuves", ajoute M. Paclet.

NICO69007
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Re: La "raison d'état"

Message non lu par NICO69007 » 25 août 2010 09:45

De toute façon, je ne crois pas au sport de haut niveau propre.

MAIS, on ne touche pas aux bleus champions du monde!!!
C'est dans l'effort que l'on se retouve, c'est le meilleur moyen d'apprendre à se connaitre.

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Richie
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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 25 août 2010 18:14

http://www.lemonde.fr/imprimer/article/ ... 02703.html

Equipe de France : "Ces soupçons de dopage étaient connus de tous en 1998"
25.08.10 | 18h07 • Mis à jour le 25.08.10 | 18h49

Ancien médecin de l'équipe de France A (2004-2008) et Espoirs (1992-2004), Jean-Pierre Paclet publie jeudi un livre (L'implosion/Michel Lafon) à charge contre Raymond Domenech. Entre analyses du fiasco sud-africain et révélations éparses (le geste de Zidane en finale du Mondial 2006, les tensions Ribéry-Gourcuff), l'auteur rappelle surtout les soupçons de dopage qui ont concerné certains Bleus à quelques semaines du Mondial 1998. En s'appuyant sur ses réflexions de praticien du sport, Jean-Paul Paclet revient sur cet épisode trouble.

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
Suite au fiasco sud-africain, j'ai voulu exprimer ce que j'avais sur le cœur. En juin, j'ai été catastrophé par la débâcle des Bleus. J'ai simplement souhaité faire le récit de mes seize années passées dans le giron de l'équipe de France. Avec une question en toile de fond : comment en est-on arrivé là sous Raymond Domenech? Ce livre donne aussi quelques éléments de réflexion sur l'importance de la médecine dans le football de haut niveau.

Dans votre ouvrage, vous évoquez les analyses sanguines suspectes relevées peu avant la Coupe du monde 1998 sur certains Bleus. Pourquoi faites-vous ces révélations douze ans après les faits ?
Il ne s'agit pas d'une révélation. Je reviens sur les bilans biologiques douteux qui ont été effectués en amont du Mondial 1998. Je ne fais que rappeler des faits. En vérité, ces soupçons de dopage étaient connus de tous en 1998. Je suis supris par le réveil tardif des médias sur cette question. :D A l'époque, le journal L'Equipe avait évoqué la chose. Sans grandes résonances... :sm11:

Dans quelle mesure, ce sujet a-t-il été éludé par les médias ?
Dans mon livre, je parle de raison d'état. En 1998, ce silence convenait aux médias et au football professionnel. L'euphorie qui a suivi la victoire des Bleus prédominait. La République devait maintenir ce bonheur collectif.

Quels éléments donnez-vous sur cette question ?
Certains cadres de l'équipe de France qui évoluaient en Italie présentaient un taux d'hématocrite anormal. Leurs globules rouges étaient plus élevés que la moyenne. Or, on sait qu'un taux qui culmine peut améliorer l'endurance. Après, je ne dis pas que cet élément a changé le cours de l'histoire. Il ne discrédite pas le sacre des Bleus en 1998. Avec les révélations de dopage en cyclisme et le procès contre le médecin véreux de la Juventus de Turin, ce fait mérite d'être rappelé. En Italie, la médecine sportive se consacre davantage à préparer les performances des athlètes. Cette histoire s'inscrit dans ce contexte.

Ne craignez-vous pas d'alimenter la polémique autour de l'équipe de France ?
Non. La génération 98 peut comprendre mon attachement à la lutte contre le dopage. Je ne cherche pas à stigmatiser d'anciens internationaux. Dans ce sens, j'ai délibérément évité de fournir des noms. Dans cette affaire, la responsabilité est collective. De manière générale, le football est assez épargné par les scandales de dopage. Et une discipline qui brasse de l'argent n'est pas spécifiquement exposée à ces dérives. En tant que médecin, je cherche à protéger les joueurs contre ces pratiques. La prévention est fondamentale dans ce domaine.

Qu'en est-il du cas Patrick Vieira lors de l'Euro 2008 ?
Ce fait symbolise l'emprise des joueurs sur la sélection. Lors de l'Euro 2008, il était évident que Patrick Vieira n'était physiquement pas en état de jouer. Mais Raymond Domenech n'a pas eu le courage d'exclure le joueur et l'a incorporé dans le groupe. Ainsi, Patrick Vieira a espéré guérir durant la compétition. Il était en quête de remèdes miraculeux. Des visiteurs du soir lui ont alors proposé de suivre un traitement thérapeutique dont la commercialisation était interdite en France. C'était déontologiquement inacceptable pour moi. J'ai dû intervenir et m'opposer à Patrick Vieira sur ce point. Au regard de mon éthique de médecin, je ne pouvais cautionner pareil comportement.

Quel rapports entretiennent les Bleus avec leur médecin ?
Déjà, la sélection choisit son médecin. D'où un rapport particulier avec les joueurs. Néanmoins, nous ne les voyons que quelques jours par mois. Il n'y a pas de surveillance permanente. La mise en route d'un traitement est délicate. Pour ma part, j'ai toujours conservé mon cabinet en parallèle de l'équipe de France. J'ai pu garder mon indépendance d'esprit. Pour revenir aux soupçons de dopage, je ne condamne pas le médecin de l'époque Jean-Marcel Ferret. Il ne souhaitait pas dramatiser la chose. Je n'aurais pas eu une attitude si différente que lui.

A l'issue de l'Euro 2008, la FFF n'a pas souhaité prolonger votre bail avec les Bleus. Ce livre peut-il être perçu comme une vengeance ?
En 2008, la FFF ne voulait pas que Didier Deschamps prenne les rènes de l'équipe de France. Pour conserver Raymond Domenech, il fallait un peu modifier son staff technique. Ils ont choisi de changer le médecin… A l'époque, Raymond Domenech ne m'a pas défendu. Pourtant, ce livre n'est en rien une vengeance personnelle. C'est un cri du cœur. Si j'avais voulu créer la polémique, j'aurais publié cet ouvrage il y a deux ans.

Quel est votre regard sur la chute de l'équipe de France sous Raymond Domenech ?
Mon successeur a très mal vécu le fiasco sud-africain. Je pense que Raymond Domenech avait perdu toute autorité. Il a laissé les commandes à un groupe complètement immature. Désormais, ils repartent à zéro.

Pourquoi revenez-vous sur le geste de Zinédine Zidane en finale du Mondial 2006 ?
Depuis le banc, j'ai vécu la scène. Clairement Materrazi a nargué Zidane quand celui-ci a demandé à se faire soigner. Le climat de cette finale était malsain. Je ne cherche pas à justifier son geste par essence condamnable. Mais, je devais dire cette vérité.

Propos recueillis par Rémi Dupré

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par rswrc » 25 août 2010 20:27

encore des révélations qui servent à rien, 12 ans aprés, on pense que mais on a pas de preuves et le médecin quand il était à la Fédé il n'a jamais rien dit , je pense que la soupe était bonne...

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 26 août 2010 06:20

rswrc a écrit :encore des révélations qui servent à rien, 12 ans aprés, on pense que mais on a pas de preuves et le médecin quand il était à la Fédé il n'a jamais rien dit , je pense que la soupe était bonne...
Un proverbe dit "vaut mieux tard que jamais..."...

Le fameux médecin que tu mets dans le même sac, comme il le dit s'est opposé à la prise d'Acovegin par Vieira dont la prise était conseillée par le médecin du bayern de Munich... Donc, à priori il semble avoir une certaine éthique...

Il va vendre son bouquin...mais et / surtout le club de 98 va moins la ramener sur certains sujets :D

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 29 sept. 2010 07:24

http://www.lemonde.fr/sport/article/201 ... _3242.html

Dopage : touche pas à mon sport spectacle
LEMONDE.FR | 28.09.10 | 16h59 • Mis à jour le 28.09.10 | 18h45

Dans le petit monde du sport, les tricheurs viennent de perdre un ennemi redoutable. Pierre Bordry, 71 ans, a annoncé, vendredi 24 septembre, qu'il démissionnait de la présidence de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) sans attendre la fin de son mandat, en juillet 2011. Le 1er octobre, il devrait être remplacé par un autre conseiller d'Etat, Bruno Genevois. Celui qui considérait l'agence comme "le petit grain de sable dans les rouages bien huilés du sport spectacle" explique au Monde les raisons de son départ.

Existe-t-il aujourd'hui un risque d'affaiblissement de l'AFLD ?
Le risque est d'abord d'ordre budgétaire. Nous repartons sur les mêmes bases qu'en 2009, où le budget était préparé avec une ressource provenant d'une légère augmentation de la taxe Buffet (sur les droits de retransmission des événements sportifs). Le gouvernement, à la demande de la Ligue professionnelle de football, a retiré cette proposition qui comptait pour 4 millions d'euros, soit la moitié du budget de l'AFLD. On ne les a obtenus qu'en juillet !
Et cette année, le budget ne prévoit pas non plus de ressources pérennes pour l'agence alors qu'elle a besoin de moyens supplémentaires car les produits indétectables sont de plus en plus nombreux et que le dopage est beaucoup plus répandu qu'on le pense. Cette situation me fait croire qu'il n'y a pas une volonté politique de soutien de la lutte antidopage.

Au-delà des problèmes budgétaires, que reprochez-vous au gouvernement ?
Pour le Tour de France 2010, nous avions demandé à effectuer des contrôles supplémentaires. L'Union cycliste internationale a bien sûr refusé. Nous avons alors saisi l'AMA qui a rendu un arbitrage en notre faveur. Mais nous n'avons eu aucun soutien du ministère des sports.
On a même connu un ministre (Jean-François Lamour) qui nous a demandé de ne pas traiter l'affaire Landis (positif à la testostérone sur le Tour 2006) trois jours avant la séance où nous avons instruit son cas sur le plan disciplinaire. Dans un autre domaine, celui de la prévention, la loi sur l'audiovisuel public prévoit d'imposer des émissions sur ce sujet à la télévision publique. Or, personne n'a pris le décret d'application. C'est quand même étrange.

Pourquoi n'y a-t-il pas de vraie volonté de lutter contre le dopage ?
Un jour, on m'a expliqué qu'il ne fallait pas trop lutter contre le dopage sous peine de perdre l'organisation de compétitions internationales importantes ou de priver les sportifs français de victoires. Devant les enjeux économiques et financiers colossaux du sport business, le mouvement sportif et le pouvoir politique préféreraient peut-être avoir une agence forte mais qui fasse semblant.

Mais si, dans l'avenir, ils ne soutiennent pas davantage le travail d'agence indépendante comme l'AFLD, la lutte antidopage va basculer dans le domaine judiciaire et la lutte contre les trafics en deviendra l'unique fondement. :D Cette évolution risque d'être rude pour les sportifs. :D

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans l'édition abonnés ou dans Le Monde daté du 29 septembre
Propos recueillis par Stéphane Mandard

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 02 oct. 2010 06:13

C'est paru au JO aujourd'hui : le délai de parution est très très court : J+1 :D
Un contexte particulier :idea:
C'est fait, Bruno GENEVOIS est officiellement en poste :

Le 2 octobre 2010

 
JORF n°0229 du 2 octobre 2010

 
Texte n°54 
 
DECRET
Décret du 1er octobre 2010 portant nomination du président du collège de l’Agence française de lutte contre le dopage - M. GENEVOIS (Bruno)
 
NOR: SASV1024796D
  
 
Par décret du Président de la République en date du 1er octobre 2010, M. Bruno GENEVOIS, conseiller d’Etat, désigné par le vice-président du Conseil d’Etat, est nommé président du collège de l’Agence française de lutte contre le dopage, en remplacement de M. Pierre BORDRY, démissionnaire. 
 
 
 

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 24 sept. 2011 03:48

Même logique qu'au temps de la RDA :sm11:

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... ucces.html

Sport espagnol : les raisons du succès
Publié le 22-09-11 à 16:26 Modifié le 23-09-11 à 19:20 par Le Nouvel Observateur 2 réactions

Le week-end dernier, les Espagnols remportaient pour la deuxième fois consécutive l'Eurobasket. Parallèlement son équipe de Coupe Davis se qualifiait pour la finale. Quelques pistes pour comprendre pourquoi l'Espagne gagne.

Laissé-pour-compte sous Franco, le sport est depuis le rétablissement de la démocratie en 1978 l’un des instruments de l'unité nationale du pays. (AFP)
RÉAGIR
Sa domination en devient insolente. En basket, football, tennis, cyclisme, Formule 1, MotoGP, handball…l'Espagne a remporté, depuis plus de dix ans, toutes les compétitions internationales. Dernière en date : l'Eurobasket, déjà gagné en 2009. La plus retentissante : la Coupe du Monde de football en 2010.

Fruit d'une génération de sportifs exceptionnels, dont Rafael Nadal est le symbole par excellence, le succès du sport espagnol est aussi le résultat d'une politique volontariste et d'une culture sportive savamment entretenue par une presse spécialisée prolifique et abondante [quatre quotidiens contre un seul en France, "l'Equipe", ndlr].

Symbole de l'unité nationale espagnole

Laissé-pour-compte sous Franco, le sport est depuis le rétablissement de la démocratie en 1978 l’un des instruments de l'unité nationale du pays. Au sortir d’un demi-siècle d’une dictature qui avait attisé les divisions du pays en jouant, notamment, sur ses particularismes régionaux, il fallait des symboles forts pour ressouder la population autour d’un destin commun. Et le sport fut l’un de ceux-là.

"Le sport a été choisi comme axe de communication d'une image nationale : l’Espagne qui gagne", confirme Gary Tribou, directeur du Master de Marketing et Gestion du Sport à la Faculté des Sciences du Sport de Strasbourg.

Le déclic de Barcelone

Mais ce sont les Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone qui ont véritablement marqué l'essor du sport espagnol. Jusqu'alors, l'Espagne n'avait décroché que 27 médailles sur les 115 qu'elle compte aujourd'hui. Dans la capitale catalane, les sportifs ibériques ont d'abord pris conscience de leur potentiel en remportant 22 médailles, dont 13 en or.

En 2002 après des championnats d'Europe fructueux - 15 médailles, dont 6 en or -, le président de la Fédération espagnol d'athlétisme José Maria Odriozola expliquait ce succès par l'aide financière de 40 000 euros par an accordée aux sportifs de haut niveau par l'Association des Sports Olympiques (ADO). Emanation du secrétariat d'Etat aux sports, du Comité olympique espagnol et de la "Radio television espanola", cette association a été créée en 1988 dans la perspective des Jeux de Barcelone et a perduré depuis. Subventionnée par l'Etat espagnol, aidée par des entreprises privées, ses actions en matière d'infrastructures et de formation sont relayées par les 17 régions autonomes et les municipalités, en charge des programmes sportifs.

Des champions choyés

"La grande différence avec le système français se situe dans le dynamisme et la puissance économique de leurs régions", remarque Didier Primault, directeur général du Centre de Droit et d'Economie du Sport (CDES), précisant qu' il existe un Institut national d'éducation physique et des sports (INEF) dans chacune des communautés autonomes sur le modèle de l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance en France) qui intervient, lui, à l'échelon national."

En comptant les JO de Londres, l’été prochain, l'ADO aura investi pas moins de 300 millions d'euros pour ses champions.

Gary Tribou pointe également "le système efficace de détection des jeunes talents, puis d'entrainement. En somme, analyse-t-il, le sport espagnol profite de tout un système qui associe les clubs, les sponsors, les pouvoirs publics, la recherche, les banques, etc…"

Des champions exemplaires

Une autre explication, plus surprenante mais d'importance, permet d'expliquer le succès du sport espagnol. L'augmentation de la taille moyenne des Espagnols. En Juillet 2008, après la victoire de la Roja à l'Euro de football et le premier sacre de Rafael Nadal à Wimbledon, le directeur adjoint de la rédaction du quotidien sportif "Marca", Santiago Segurola, y voyait l’une des raisons de la domination espagnole avec "l'injection de plus de moyens, une plus grande estime de soi nationale, l'amélioration de l'alimentation et de l'attention hospitalière (la taille moyenne de l'espagnol a augmenté de neuf centimètres depuis l'instauration de la démocratie), l'exemple de grands champions… C'est le paradis."

Une hégémonie à relativiser

Un paradis très fragile. "Les résultats des sportifs espagnols sont exceptionnels. Ils doivent être nuancés à ce titre là, insiste Claude Boli, responsable de la recherche au sein du Musée national du Sport à Paris. En tennis par exemple, la domination de Nadal cache un niveau global plus moyen. Il y a plus de Français que d’Espagnols dans les 20 meilleurs joueurs mondiaux ! De même en Formule 1 avec Alonso : sans une écurie performante derrière lui, il n’aurait probablement jamais remporté le championnat du monde. Et en football enfin, la Roja profite du succès du FC Barcelone dont la philosophie de jeu a été inspirée par le Hollandais Johan Cruyff…"

Et Didier Primault de rappeler que "si l'Espagne est dominatrice dans les sports médiatiques comme le tennis, le football ou le basket, elle l'est nettement moins dans de nombreux sports olympiques."

De même, la récente grève des footballeurs de la Liga ainsi que les affaires de dopage à répétition, impliquant notamment le triple vainqueur du Tour de France Alberto Contador, ternissent ce tableau idyllique du sport espagnol. Aujourd’hui au sommet, celui-ci ne serait-il pas prêt à tout, et peut-être à trop, pour triompher ?

Benjamin Harroch - Le Nouvel Observateur

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 15 mars 2012 07:22

http://www.jeanmarcmorandini.com/articl ... jugee.html

Dopage/Publication d'analyses de Bob Tahri: l'Equipe devra être rejugée

Le journal L'Equipe, condamné pour un article paru pendant les JO de Pékin qui révélait des paramètres sanguins du coureur de fond français Bob Tahri laissant supposer qu'il s'était dopé, devra être rejugé, a décidé la Cour de cassation dans un arrêt.

Le 8 décembre 2009, le tribunal correctionnel de Nanterre avait condamné Damien Ressiot, spécialiste des questions de dopage à L'Equipe, à 1.000 euros d'amende et 5.000 euros de dommages et intérêts pour "recel de violation du secret médical".

Le 13 décembre 2010, la cour d'appel de Versailles avait aggravé la peine à 3.000 euros d'amende et 10.000 euros de dommages et intérêts.

Le journaliste s'était alors pourvu en cassation. Dans un arrêt du 6 mars, la chambre criminelle de la Cour de cassation lui a donné raison. La Cour de cassation a annulé l'arrêt versaillais et renvoyé l'affaire vers la cour d'appel de Paris, afin que celle-ci réexamine le dossier et statue à nouveau.

L'article en cause était paru le 22 août 2008, pendant les Jeux olympiques de Pékin. Titré "Drôles d'analyses pour Tahri", il révélait deux paramètres sanguins (hématocrite et volume d'hémoglobine) qualifiés d'"anormaux" et de "suspects".

L'Equipe affirmait que le coureur s'était vu refuser un partenariat avec le Team Lagardère pour cette raison, ce que contestait Bob Tahri.

L'athlète indiquait aussi s'être prêté à "des investigations biologiques complémentaires" auprès du Pr Gérard Dine, concluant à une "prédisposition génétique similaire très probablement à l'origine des anomalies hématologiques". Bob Tahri n'a jamais été contrôlé positif. Dans son arrêt, la Cour de cassation a jugé que la cour d'appel aurait dû mieux motiver sa décision et "caractériser la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en aurait été dépositaire".
En d'autres termes, avant de condamner Damien Ressiot, les juges d'appel auraient dû s'assurer auprès de qui le journaliste avait obtenu ces données médicales. Car il pouvait effectivement les tenir d'un professionnel de santé soumis au secret médical, mais tout aussi bien d'une autre personne, non soumise au secret.
Autrement dit, l'existence du délit de violation du secret médical n'a pas été établi avec suffisamment de certitude au goût de la Cour de cassation.

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Inoza » 15 mars 2012 08:10

Quel est l'objectif de ton post ?

En l'espèce, il s'agit d'une problème purement juridique avec la cour de cassation qui, a priori, demande à la cour d'appel de mieux motiver son jugement. À te lire - mais objectivement je ne connais pas le dossier comme toi - la cour de cassation donne raison au journaliste alors qu'en l'espèce, elle demande à la cour d'appel de revoir les motivations de sa décision. Cela me semble différent !

Aucune polémique de ma part mais je lis autre chose que ce que tu sembles vouloir dire, d'où ma question.
Il vaut mieux vivre ses rêves que rêver sa vie !

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Triathlex » 15 mars 2012 10:10

Inoza a écrit :Quel est l'objectif de ton post ?

En l'espèce, il s'agit d'une problème purement juridique avec la cour de cassation qui, a priori, demande à la cour d'appel de mieux motiver son jugement. À te lire - mais objectivement je ne connais pas le dossier comme toi - la cour de cassation donne raison au journaliste alors qu'en l'espèce, elle demande à la cour d'appel de revoir les motivations de sa décision. Cela me semble différent !

Aucune polémique de ma part mais je lis autre chose que ce que tu sembles vouloir dire, d'où ma question.
Ce que tu dis n'est pas fondamentalement différent de ce que dit Richie.
Pour ma part, ce que je comprends du dossier, à travers ce mince article, c'est que, le droit pénal s'interprétant strictement, on ne peut condamner quelqu'un sur le fondement d'une infraction qu'à la condition que les conditions préalables à ladite infraction soient indubitablement réunies. A défaut, il y a doute, et le doute profite au prévenu (ou à l'accusé en matière criminelle, comme au salarié en matière prud'hommale etc.).
Donc, ce que je comprends, c'est que le journaliste a été poursuivi pour "recel de violation de secret médical", ce qui suppose deux choses:
1- qu'il y ait eu violation du secret médical par un professionnel de santé par divulgation, au journaliste, d'une information couverte par ledit secret (infraction n°1 dont le médecin est "coupable")
2- que le journaliste ait utilisé une information obtenue via le viol du secret médical (infraction n°2 pour laquelle est poursuivie le journaliste)
Apparemment, le journaliste "a pu" obtenir l'information autrement, ou en tout cas, le procureur n'a pas établi avec suffisament d'éléments indubitable, la transmission d'information soupçonnée, entre le médecin et le journaliste. Or, pour condamner, la Cour (ou le Tribunal), doit établir, sans doute possible, la transmission de l'information par le médecin au journaliste...

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Inoza » 15 mars 2012 10:20

C'est très clair, Triathlex, vraiment très clair !

Ta pédagogie est exemplaire, merci !
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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 15 mars 2012 16:06

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'un journal peut être condamné pour "diffamation" s'il n'apporte pas la preuve de ses dires...(voir l'affaire Bouygues / Canard Enchaîné) et que s'il peut apporter la preuve de ses dires, il peut être condamné pour "recel" ou autres incriminations...cela alors même que le dit journal "révèle" une affaire qui à un moment donné a été étouffée au regard du nom du post : Jeux olympiques, médailles en jeu... :!:

Dans l'affaire FUENTES, des journaux ont été condamnés pour avoir évoqué le fait que des footballers étaient clients chez Fuentes.

Bref, cette aspect procédural et juridique pour souligner les difficultés "à sortir" des affaires en matière de dopage sans être "condamné".

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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Inoza » 15 mars 2012 20:53

Pour autant, heureusement qu'il y a des règles ou des lois s'agissant des medias.

Entre le fait que les journalistes ne peuvent pas "sortir" toutes les affaires en raison de ces lois et le fait qu'ils pourraient écrire quasiment ce qu'ils veulent en toute impunité parce qu'ils détiendraient un soupçon d'élément, j'ai choisi mon camps.

L'information n'est malheureusement pas réservée à une élite qui pourrait lire entre les lignes. En outre, l'objectif de la plupart des informations est de vendre le support. Personnellement, cela ne me pose pas de problèmes. En revanche, choisir les informations et les rédiger pour qu'elles soient vendeuses peuvent avoir des conséquences aux lendemains dramatiques pour les personnes incriminées dont on a mentionné le simple nom. Il suffit de voir l'écart de traitement médiatique entre la révélation d'une information "vendeuse" et le démenti puis l'information rétablissant la vérité... Certaines personnes voient leur vie brisée à jamais. Je préfère de loin une justice qui ne parvient pas à incriminer un coupable qu'un innocent incriminée à tort. L'affaire Outreau a fait des dégâts dramatiques en raison d'une médiatisation outrancière car vendeuse. On a tous à un moment pensé que ce qui était rapporté était peut-être vrai. Et pourtant...

Richie, pardonne-moi si je n'ai pas bien compris tes propos, ce n'est pas très grave et je me vautre peut-être avec mes propos. Je préfère cependant ne pas savoir qu'un mec s'est dopé en raison des lois qui établissent certaines règles plutôt que lire à tort et à travers qu'éventuellement, peut-être, il se pourrait, il a été dit, on aurait vu, etc.
Il vaut mieux vivre ses rêves que rêver sa vie !

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Richie
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Re: La "raison d'état"

Message non lu par Richie » 15 mars 2012 21:21

Inoza a écrit :Pour autant, heureusement qu'il y a des règles ou des lois s'agissant des medias.

Entre le fait que les journalistes ne peuvent pas "sortir" toutes les affaires en raison de ces lois et le fait qu'ils pourraient écrire quasiment ce qu'ils veulent en toute impunité parce qu'ils détiendraient un soupçon d'élément, j'ai choisi mon camps.

L'information n'est malheureusement pas réservée à une élite qui pourrait lire entre les lignes. En outre, l'objectif de la plupart des informations est de vendre le support. Personnellement, cela ne me pose pas de problèmes. En revanche, choisir les informations et les rédiger pour qu'elles soient vendeuses peuvent avoir des conséquences aux lendemains dramatiques pour les personnes incriminées dont on a mentionné le simple nom. Il suffit de voir l'écart de traitement médiatique entre la révélation d'une information "vendeuse" et le démenti puis l'information rétablissant la vérité... Certaines personnes voient leur vie brisée à jamais. Je préfère de loin une justice qui ne parvient pas à incriminer un coupable qu'un innocent incriminée à tort. L'affaire Outreau a fait des dégâts dramatiques en raison d'une médiatisation outrancière car vendeuse. On a tous à un moment pensé que ce qui était rapporté était peut-être vrai. Et pourtant...

Richie, pardonne-moi si je n'ai pas bien compris tes propos, ce n'est pas très grave et je me vautre peut-être avec mes propos. Je préfère cependant ne pas savoir qu'un mec s'est dopé en raison des lois qui établissent certaines règles plutôt que lire à tort et à travers qu'éventuellement, peut-être, il se pourrait, il a été dit, on aurait vu, etc.
Si les instructions judiciaires n'étaient pas bloquées, si les contrôles antidopages chopaient les dopés, si certains contrôles n'étaient pas étouffés, alors oui très bien...
mais comme on ne vit pas dans un monde parfait...il est tout à fait choquant qu'un journal puisse être condamné sur le fondement de ses sources, alors qu'il ne devrait être condamné que sur le terrain de l'éventuelle diffamation.

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