Deux annés d'avance...rats de labo

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Kenzo
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Re: Deux annés d'avance...rats de labo

Message non lu par Kenzo » 07 juil. 2013 16:03

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David Lappartient président de l'UCI :roll: on va enfin voir un français gagner le tour de France et le Championnat du monde :lol:

Dreamer
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Re: Deux annés d'avance...rats de labo

Message non lu par Dreamer » 07 juil. 2013 19:24

Moi j'ai une anecdote qui n'a rien à voir... Enfin ça me fait plaisir de la partager. En 2001, j'étais en DEUG STAPS à Bordeaux et notre prof de physio s'était fait un malin plaisir de nous mettre l'eau à la bouche. Il nous avait dit que un tiers de l'équipe de France 98 était proche du taux d'hématocrite da Pantani quand il s'est fait choper (64%). Nous étions 400 dans l'amphi et on entendait une mouche voler! Puis il nous a dit que c'était la fin du cours et tout le monde a râlé de ne pas pouvoir en savoir plus. Je précise que ce mec avait de la bouteille car il venait de se faire limoger de l'INSEP l'année précédente pour avoir dit que la créatine n'était pas un dopant. Quand je raconte ça à des footeux ils me dénigrent complètement, limite insulte: les pauvres, jamais on n'en parle à Téléfoot! C'est dans le vélo le dopage! Les mecs qui meurent sur les terrains, c'est dû à une malformation cardiaque! Pour être bon en foot, il faut de la "vista", le physique est secondaire...
Le dopage est là où il y a le fric, et le gars de 17 ans dans son centre de formation, qui voit ses parents se débrouiller avec un SMIC, le comprend très bien.

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tridan
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Re: Deux annés d'avance...rats de labo

Message non lu par tridan » 07 juil. 2013 19:43

Dreamer a écrit :Moi j'ai une anecdote qui n'a rien à voir... Enfin ça me fait plaisir de la partager. En 2001, j'étais en DEUG STAPS à Bordeaux et notre prof de physio s'était fait un malin plaisir de nous mettre l'eau à la bouche. Il nous avait dit que un tiers de l'équipe de France 98 était proche du taux d'hématocrite da Pantani quand il s'est fait choper (64%). Nous étions 400 dans l'amphi et on entendait une mouche voler! Puis il nous a dit que c'était la fin du cours et tout le monde a râlé de ne pas pouvoir en savoir plus. Je précise que ce mec avait de la bouteille car il venait de se faire limoger de l'INSEP l'année précédente pour avoir dit que la créatine n'était pas un dopant. Quand je raconte ça à des footeux ils me dénigrent complètement, limite insulte: les pauvres, jamais on n'en parle à Téléfoot! C'est dans le vélo le dopage! Les mecs qui meurent sur les terrains, c'est dû à une malformation cardiaque! Pour être bon en foot, il faut de la "vista", le physique est secondaire...
Le dopage est là où il y a le fric, et le gars de 17 ans dans son centre de formation, qui voit ses parents se débrouiller avec un SMIC, le comprend très bien.
le taux de Pantani quand il s'est fait exclure du Giro 1999, c'était 52%, 2% de trop ...
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krisskross
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Re: Deux annés d'avance...rats de labo

Message non lu par krisskross » 16 juil. 2013 22:17

L'hématocrite est une valeur, merci de ne pas écrire "taux d'......"

Sinon, à lire en dessus, prendre du lévothyrox, complètement malades les mecs :shock:

"

Publié le 14/07/2013 par Guillaume Prébois
GAS6, la nouvelle molécule des dopés?

Lundi 15 juillet, un tweet (effacé depuis) du coureur suisse repenti Thomas Frei (ex-BMC) a eu l'effet d'un pavé dans une mare: "Eh, les gars, vous connaissez le GAS6 - Growth Arrest - Specific 6?". Dans la foulée, un internaute lançait que cette molécule avait été utilisée avec succès sur le Giro 2013. Puis une rumeur, largement relayée, annonçait que Geert Leinders, le médecin "licencié" par SKY l'an dernier (en raison de ses implications dans le réseau de dopage Rabobank), avait travaillé en personne sur le développement du GAS6 à l'université de Louvain. Il n'en fallait pas davantage pour que ce produit, jusqu'alors totalement inconnu de l'antidopage, soit la star du jour. Marc Kluszczinski, spécialiste du sujet, auteur de la rubrique "sur le front du dopage" dans la revue Science et Vie, a eu l'extrême gentillesse de rédiger un tour d'horizon des produits qui circulent largement dans les pelotons au nez et à la barbe des contrôles.


- De Marc Kluszczinski



L’EPO n’est plus ce qu’elle était : le nouveau test MAIIA (Membrane Assisted Isoform Immunoassays) apparu en début d’année permet de déceler l’utilisation des microdoses. Il est de surcroît efficace sur les EPO biosimilaires. Il est rapide et facile d’emploi (20 minutes pour 56 échantillons) alors que le premier test de l’année 2000 demandait trois jours et était cher ; son interprétation restait difficile (on se souvient des échantillons de Lance Armstrong lors du Tour de Suisse 2001 et du DL 2002). Curieusement cette année sur le TdF, des coureurs sont rentrés dans le rang, tels Alberto Contador (ses attaques n'ont plus le même mordant !) et Andy Schleck ou encore Joaquim Rodriguez, tous bien moins pétillants qu’à habitude.

Et les transfusions sanguines autologues ? Toujours indétectables, mais le risque est gros pour se faire apporter une poche lors d’un jour de repos sur le Tour, avec paraît-il, l’OCLAESP qui rode autour des camions, camping-cars et hôtels. Mais celle-ci aurait reçu l’ordre de ne pas déclencher de séisme pendant cette 100ème édition, qui comble de bonheur des millions de téléspectateurs par ses paysages inoubliables, accompagnés d’explications non moins inoubliables. Intéressant en temps de crise économique, la Grande Boucle fait voyager les Français qui ne peuvent plus partir en vacances ! On oublie la crise, l’actualité et le Tour continue dans un climat empoisonné, à tel point que Bernard Hinault n’en finit pas de péter des câbles. Il faudrait arrêter de parler dopage dans le cyclisme ! Mais les démarrages de Chris Froome dans les montées d’Ax-3-Domaines et dans le Ventoux, sa trop grande supériorité par rapport à ses rivaux, ses puissances estimées pas loin de celles des années Armstrong ou Pantani, l’absence de communication franche de son directeur sportif, nous font craindre le pire.


Mieux que le TB 500 et l’EPO réunis!



Eh oui, de nouveaux produits existent. Certains ont le vent en poupe, comme les facteurs de croissance. Ils sont déjà inclus dans la catégorie S.2 des produits interdits par l’AMA, mais souvent considérés comme simples vitamines par leurs utilisateurs. La veille du Tour 2011, Wim Vansevenant, alors chauffeur chez Omega Pharma-Lotto, s'était fait arrêter par la douane belge, son colis de TB 500 ayant été intercepté. Le TB 500 est un peptide de 43 acides aminés qui agit sur le développement musculaire et la vascularisation du muscle, d’où un meilleur rendement à l’effort. Même si ces propriétés n’avaient été observées que chez l’animal d’expérience, le Dr Alberto Beltran Nino se fit déjà arrêter en mars 2012 à l’aéroport de Madrid lors de l’opération Skype de la Guardia Civil. Dans ses valises, on avait trouvé de l’AICAR et du TB 500.

Et l’AICAR justement ? Il est détectable et ne serait pas efficace seul. Il faudrait l’associer aux agonistes des PPAR δ et γ qui orientent le métabolisme vers l’utilisation des graisses (GW 501516) ; ce sont des molécules dangereuses à tel point que l’AMA a pris soin d'alerter les tricheurs sur ses dangers en mars dernier. Ce qui n’a pas empêché sept cyclistes de se faire pincer en mars, 6 sud-américains et le russe Valery Kaykov (Rusvelo).

Mais on a trouvé mieux que l’EPO et le TB 500 réunis ! Le facteur de croissance GAS-6 (Growth-arrest specific-6) favorise la sécrétion d’EPO endogène et la vascularisation. Des études ont même montré en 2008 que le GAS-6 pouvait remplacer l’administration d’EPO chez des malades anémiques. On peut parier sans grand risque que cette substance est déjà utilisée dans le sport professionnel, et pas seulement en cyclisme. Et comme toujours, on invoquera la bonne excuse de l’altitude pour expliquer l’augmentation du taux de globules rouges. Pauvre passeport sanguin !

D’autres possibilités existent actuellement pour augmenter le taux de globules rouges sans utiliser d’EPO exogène et sans attirer l’attention des radars (on se situe bien dans un dopage de récupération, un dopage lissé).Les inhibiteurs de l’HIF 1α prolyl hydroxylase miment une situation d’hypoxie dans l’organisme et font sécréter l’EPO endogène. Et comment ne pas parler des hormones thyroïdiennes utilisées sur 10000m par Mo Farah et Galen Rupp qui firent 1er et 2ème aux JO de Londres ? Ces hormones ne figurent pas sur la liste de l’AMA, ont un effet lipolytique, stimulant et induisent une sécrétion d’EPO ! Et si c’était cela le secret des SKY, leur « marginal gains »?

Pour noircir un peu plus le tableau, parlons de l’hormone de croissance (GH) qui a laissé tant de mauvais souvenirs à Alex Zülle, Bjarne Riis ou encore Tyler Hamilton. L’hormone détentrice du record de non-détection (plus de 25 ans) est également dépassée. Elle comporte 191 acides aminés et se présente sous une centaine de formes (les isoformes) aux propriétés bien différentes. Deux pistes sont explorées : isoler les fractions actives ou agir en amont sur la sécrétion de l’hormone totale. Un laboratoire australien a réussi à isoler la fraction lipolytique, un peptide de 15 acides aminés représentant la fraction C-terminale de la GH totale. Ce peptide s’est retrouvé dans le circuit du médicament vétérinaire puis sur Internet. Les peptides sécrétagogues (GHRP-2, hexarelin…) sont indétectables. L’AMA a du souci à se faire et le dopage a encore de beaux jours devant lui.


A LIRE AUSSI SUR LES HORMONES THYROÏDIENNES
"SALAZAR, LA ZONE GRISE"



- De Marc Klusczcinski


Salazar dans la zone grise ?



On se souvient d’Alberto Salazar, le marathonien américain d’origine cubaine, qui ne laissait rien au hasard et qui était prêt à mourir quand il s’alignait au départ d’une compétition. Il lui arrivait de s’entraîner avec un masque diminuant l’arrivée de l’air pour reproduire l’altitude et n’hésitait pas à s’enduire les jambes de DMSO (diméthylsulfoxyde), un antioxydant, après les entraînements pour mieux récupérer. Plusieurs fois vainqueur des marathons de New-York (1980,81 et 82) et vainqueur à Boston en 1982, il n’a jamais vraiment brillé dans les grands championnats. Forcené de l’entraînement, il lui arrivait de courir 320 km/semaine. Il se blessait souvent. Il stoppa sa carrière peu après le marathon des JO de 1984, fini à la 15ème place. Il effectua un bref retour à la compétition en 1994 pour remporter le marathon des Comrades (90 km) en Afrique du Sud. Il avait attribué sa victoire à la fluoxétine (Prozac®), un antidépresseur à la mode dans les années 80. Sa carrière d’entraîneur avait déjà commencé avec le soutien de Nike, son fidèle sponsor. Il entraîne alors Mary Slaney Decker, qui sera contrôlée positive en 1996 pour un rapport testostérone / épitestostérone supérieur à 10. Il convainc Nike de dépressuriser une maison entière pour son groupe de marathoniens composé de Dan Browne, Dave Davis et Chad Johnson, qui valent tous 2h13-2H15. Salazar utilise même un ordinateur pour prévoir l’entraînement de ses coureurs. Toutes ces méthodes trop scientifiques ralentiront les coureurs qui se trouvaient bientôt dans l’incapacité de courir en moins de 2H20 ! En 2007, Salazar est victime d’un accident cardiaque : son cœur s’arrêtera de battre 14 minutes, mais il s’en tirera, comme en 1978 à Falmouth, où à la suite d’un gros coup de chaleur, il dut être plongé dans un bain glacé à l’arrivée de la course. Quelques années après, il lance le Projet Oregon dont le but est d’élever le niveau de la course à pied aux USA et de l’amener au plus haut niveau sur la scène mondiale et là, les résultats arrivent très vite : Dathan Ritzenheim est 3ème au championnat du monde de semi-marathon en 2009 et devient le 3ème coureur américain à battre la barrière des 13 minutes au 5000m après Bob Kennedy en 1996 et Bernard Lagat (kenyan d’origine, positif à l’EPO en 2003). Puis en 2010, Chris Solinsky, un gaillard de 1,85m pour 73 kg, crée la surprise et établit la mpm du 10.000m en 26.59.60 : il devient le 1er non africain à dépasser la barrière des 27 min au 10.000m. En 2011, Salazar annonce la venue dans son écurie du londonien d’origine somalienne Mohamed Farah, champion d’Europe du 5000 et du 10000m en 2010. Farah est un honnête coureur classé 13ème et 17ème aux bilans mondiaux 2010 (13.31.38 et 28.24.99). Avec Salazar, Farah pulvérise ses records et devient la terreur des kenyans avec ses 12.53.11 et 26.46.57. Farah engrange ensuite les titres : champion du monde du 5000m à Daegu en 2011, puis double champion olympique à Londres, où sur 10.000m un autre coureur de Salazar, Galen Rupp, se classe second. Rupp devient le 4ème coureur à passer sous les 13 minutes au 5000m avec Salazar.

Mais plusieurs éléments jettent une ombre à ce trop joli tableau. L’enquête du journaliste allemand Hans Joachim Seppelt au Kenya amène le doute sur la réussite soudaine du demi-fond américain. On sait que Farah et d’autres coureurs US se sont entraînés au Kenya en début d’année 2011, pays où il était facile de se procurer EPO, GH et stéroïdes, et de se doper en toute tranquillité, d’après les déclarations d’un médecin kenyan filmé en caméra cachée par Seppelt.

Puis il y a l’article (1) publié en 2010 par Letsrun.com. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alberto Salazar ne situe pas de manière précise la frontière du dopage. Dans cet article, Salazar se demande où se situe la frontière entre la préparation médicale et la triche, le dopage. Il classe l’utilisation des anti-inflammatoires et des médicaments de l’asthme dans les moyens légitimes au même titre que l’entraînement en altitude, les massages ou la musculation. Le choix du dopage dépend du système de valeurs de l’athlète. Mais certains s’apercevront qu’en restant propres, ils sont les grands perdants. Ils n’auront alors pas d’autres choix que de se doper pour rester compétitifs. Puis il y a la zone grise, formée des déçus de l’antidopage. Ils auraient souhaité la complète disparition du dopage, mais déplorent la manque de conviction des instances chargées cette lutte. Car Salazar considère à juste titre que la lutte antidopage est inefficace et sert d’alibi à la protection de l’image du sport. Pour les athlètes de la zone grise, Salazar pense qu’il est légitime d’utiliser par exemple des pro-hormones (précurseurs des hormones interdites) pour tenter de conserver une chance de gagner face aux dopés.

Salazar adopte une position réellement ambigüe dans cet article. Il déclare ne pas vouloir excuser le dopage, mais comprendrait qu’un athlète ya recours tant de nombreuses performances sont suspectes aujourd’hui.

L’ambigüité de Salazar est confirmée sur le sujet de la supplémentation hormonale ; d’après lui, il serait légitime pour un athlète de corriger un taux abaissé d’une hormone suite à la pratique de plusieurs années de course à pied. Il pense naturellement à la testostérone, mais aussi aux hormones thyroïdiennes. Salazar est pour une révision de la liste des produits interdits : à son avis, il y a trop de substances dont les dangers ont été exagérés ou sont non prouvés, ce qui conduit à la désinformation de l’athlète.

De la zone grise à la zone rouge ?

Dans un article du Wall Street Journal (2), le Dr Jeffrey Brown déclare supplémenter les athlètes d’endurance en hormones thyroïdiennes. Brown, employé par Nike, pense (et il est le seul) que les coureurs de demi-fond et marathon sont fréquemment atteints d’hypothyroïdisme en l’absence de toute pathologie thyroïdienne, ce qui expliquerait des périodes de fatigue chronique intense. Cinq des trente athlètes (dont Galen Rupp) entraînés par Salazar sont ainsi en traitement par la lévothyroxine. Carl Lewis bénéficia aussi de cette hormone en 1996, ainsi que Bob Kennedy, le coureur de 5000 m, 1er américain sous les 13 minutes qui ne trouve pas d’avantage à utiliser les hormones thyroïdiennes. Le marathonien Ryan Hall a avoué les utiliser également.

Don Catlin (laboratoire antidopage de Los Angeles) considère la lévothyroxine comme un stimulant. Elle favorise la perte de poids par un effet anorexique (elle est utilisée en body-building depuis longtemps à l’approche des concours). Elle est utilisée dans le sprint : Dwain Chambers utilisait la liothyronine en 2003. Les hormones thyroïdiennes (la triiodothyronine ou T3 et la thyroxine ou T4) augmentent la consommation d’oxygène au niveau des muscles (VO₂ max), le débit et le rythme cardiaque. Elles augmentent tous les métabolismes et la sensibilité des cellules adipeuses à l’effet lipolytique de diverses hormones comme les catécholamines (adrénaline, noradrénaline...). Leur administration se solde par la mise au repos de la thyroïde et la sécrétion de TSH (thyréo- stimuline) est inhibée. Les variations des taux de T3 et T4 peuvent indiquer l’usage de hGH : en usage chronique, l’hormone de croissance favorise la transformation de T4 en T3. Il ya donc diminution du taux de T4 et augmentation du taux de T3, avec diminution de la TSH, alors que la TSH augmente en cas d’hypothyroïdie (N : 0,5-3 mUI/l). Une autre propriété intéressante pour les partisans de la zone grise est que les hormones thyroïdiennes, en augmentant la demande en oxygène, favorise la production d’EPO endogène (3) en augmentant l’HIF-1α. Le taux d’EPO augmente d’ailleurs chez les personnes en hyperthyroïdie. Leurs effets indésirables sont les symptômes de l’hyperthyroïdie : troubles du rythme cardiaque, insomnie et amaigrissement. Ces substances sont en vente libre dans certains pays et surtout ne figurent pas sur la liste des produits interdits de l’AMA (l’agence y réfléchit depuis 2010…).

Après le 10.000 m de Londres, Jos Hermens, manager de Kenenisa Bekele, cria tout haut que les américains utilisaient la lévothyroxine pour améliorer leurs performances. Il ne comprenait pas que ces substances ne soient pas interdites. A-t-il raison ? Utiliser la lévothyroxine revient à la même démarche de justifier une supplémentation en testostérone dont les taux s’abaissent avec la pratique du sport de haut niveau et reviennent au taux normal après récupération totale. De plus actuellement, il n’est pas sûr que les hormones thyroïdiennes subissent la même fluctuation. Supplémenter un athlète en hormone signifie qu’il répond mal à l’entraînement ou à la compétition. Le vainqueur serait celui dont les taux baisseraient le moins. La supplémentation apporte donc un avantage à l’athlète moins en forme ou moins fort et court-circuite le mécanisme physiologique de récupération. L’administration d’hormones thyroïdiennes est donc bien un dopage, même si elles n’appartiennent pas à la liste des produits interdits.

Benpocket
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Re: Deux annés d'avance...rats de labo

Message non lu par Benpocket » 18 juil. 2013 13:31

Merci pour les articles, très intéressant.
Pas facile en effet cette histoire d'hormone.

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Richie
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Re: Deux annés d'avance...rats de labo

Message non lu par Richie » 18 juil. 2013 18:08

http://www.lemonde.fr/sport/article/201 ... _3242.html

Tour de France : comment les coureurs contournent les contrôles
LE MONDE | 18.07.2013 à 09h36 • Mis à jour le 18.07.2013 à 11h47 |
Par Rémi Dupré (à Gap) et Stéphane Mandard

"On tape. On n'a jamais tapé comme ça. Dès qu'un profil sanguin fait apparaître une variation suspecte, on cogne. Jusqu'à 21 h 30 le soir et on remet ça à 6 heures le matin." Sur la route du Tour de France, les contrôleurs antidopage n'y vont pas de mainmorte. "On n'a jamais bossé comme ça, confie au Monde un observateur avisé qui n'en est pas à sa première Grande Boucle. En deux jours, la moitié du peloton y est passée."

Cette stratégie de harcèlement n'a pas – encore – débouché sur un contrôle positif mais irrite certains coureurs : "Il y en a qui râlent et ça se voit sur leurs performances." Pas sur celles du maillot jaune. Vainqueur du second contre-la-montre individuel, Chris Froome a porté, mercredi 17 juillet, son avance sur son dauphin Alberto Contador (Saxo-Tinkoff) à 4'34''. Le leader de Sky fait partie des coureurs les plus contrôlés depuis le départ de l'épreuve. "Il a un coup d'avance", commente la même source, "son passeport biologique est parfaitement lisse".
Ledit passeport biologique a été mis en place par l'UCI afin de détecter les variations des profils hématologiques ou endocrinologiques pouvant indiquer la prise de produits dopants. Sur le Tour, l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) s'en sert pour cibler les contrôles urinaires et sanguins. Le problème, c'est qu'il est aujourd'hui détourné de son usage par certains coureurs et leurs préparateurs qui s'en servent comme d'une boussole pour gérer les variations induites par les protocoles de dopage. "Certains médecins d'équipe réveillent les coureurs à 5 heures avant le passage des contrôleurs afin d'ajuster les valeurs", confirme le spécialiste qui note que pour présenter des profils sans variations suspectes dans le temps, la solution est simple : "Des micro-doses de tout, tout le temps." Et c'est valable pour l'EPO comme pour les transfusions sanguines.

POCHES DE SANG DÉTRUITES DANS DES BROYEUSES

Fini les injections de poches d'un demi-litre de sang du bon docteur Fuentes. Trop visible. Aujourd'hui, la mode est aux mini-poches de sang. "Des équipes se déplacent avec des broyeuses dans les hôtels. Ça leur permet de détruire les poches une fois utilisées et de s'en débarrasser ni vu ni connu dans les toilettes, révèle l'expert. Il faudrait que la police fasse des descentes dans les hôtels en coupant l'eau." La police, en l'occurrence l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp), a détaché des hommes sur le parcours du Tour. Mais comme les contrôleurs antidopage, ils sont bredouilles.

En 2012, les enquêteurs de l'Oclaesp avaient interpellé Rémy Di Grégorio, soupçonné de pratiquer l'ozonothérapie, une méthode thérapeutique qui régénère et oxygène l'organisme. Les contrôleurs de l'AFLD avaient attrapé le Luxembourgeois Frank Schleck, grand frère d'Andy, positif au Xipamide (diurétique). Pour le président de l'AFLD, Bruno Genevois, l'absence de cas positifs sur le Tour 2013 "ne permet pas de tirer des conclusions tranchées sur une réduction des pratiques interdites". "Quinze jours après la fin du Tour, on devrait connaître l'ensemble des analyses urinaires et sanguines, explique-t-il. Il ne faut pas oublier que le passeport biologique impose d'autres délais. Avec l'accord de l'Union cycliste internationale, on procédera aussi à des analyses rétrospectives en conservant des échantillons durant quatre ans." Comprendre qu'il faudra encore attendre quelques jours, ou quelques années, pour connaître les cas positifs du Tour 2013.

En collaboration étroite avec l'UCI, l'AFLD mène, cette année, une politique de contrôles "plus ciblés" et "plus inopinés", précise Bruno Genevois. "Outre les prélèvements faits sur l'ensemble du peloton quarante-huit heures avant le départ, on cible aussi des individus durant la compétition selon leurs performances, surtout si elles sont contradictoires, développe-t-il. Il y a encore des coureurs tirés au sort mais c'est mieux de les cibler au dernier moment. Il y a moins de cas positifs mais cela pourrait aussi induire de nouveaux protocoles savants pour échapper aux contrôles."

"DES GARS TRÈS BIEN ORGANISÉS"

De facto, les progrès de la pharmacopée désorientent les autorités en charge des contrôles. "On n'éradiquera jamais le dopage, note Michel Audran, professeur en pharmacie à l'université Montpellier-I. On pourra toujours contourner les méthodes de détection. Les cas positifs à l'EPO sont rares mais les autotransfusions sanguines sont indétectables tout comme les micro-doses. On peut être clean à 6 heures du matin après des prises la veille à 23 heures." Parmi les nouveaux produits dopants en vogue, le spécialiste du dopage sanguin cite l'Aicar, substance détectable, interdite par l'Agence mondiale antidopage (AMA) et qui permet d'augmenter la masse musculaire tout en brûlant les graisses. "On a observé qu'elle favorisait l'endurance chez les souris, précise Michel Audran. Mais elle n'a jamais été testée sur les hommes..." Pourtant, en mars, le coureur russe Valery Kaykov (Rusvélo) a bien été contrôlé positif à cette substance ainsi qu'au GW1516, un modulateur métabolique vendu au marché noir.

Un an plus tôt, le controversé Alberto Beltran Nino, ex-médecin de l'équipe espagnole Xacobea Galicia, avait été interpellé à l'aéroport de Madrid avec de l'Aicar dans ses valises. Le praticien colombien transportait également du TB500, un peptide de 43 acides aminés synthétisé par le laboratoire vétérinaire australien DB Genetics LLC. Outre ses propriétés cicatrisantes et anti-inflammatoires, ce produit agit sur le développement musculaire et la vascularisation. Le 1er juillet 2011, la veille du départ du Tour de France, Wim Vansevenants, chauffeur de l'équipe belge Omega Pharma-Lotto, avait, lui aussi, été arrêté en possession d'un colis de TB500.

"Les tricheurs auront toujours un temps d'avance, explique Marc Kluszczynski. On tend vers un dopage de récupération, plus lissé et moins frappant."
Selon ce docteur en pharmacie, les autorités antidopage devraient s'intéresser à une toute nouvelle molécule : le GAS6.
Lundi 15 juillet, Thomas Frei – ex-coureur suisse de l'équipe BMC contrôlé positif à l'EPO en 2010 – a mentionné pour la première fois ce mystérieux assemblage chimique sur son compte Twitter. "Le GAS6 a déjà circulé lors du dernier Giro. Il appartient à la jungle des facteurs de croissance par synthétisation qui sont indétectables, décrit Marc Kluszczynski. Il favorise la sécrétion d'EPO endogène, notre corps en fabriquant. C'est aussi valable pour les inhibiteurs de l'HIF et d'autres hormones indétectables et qui ne figurent pas sur la liste noire de l'AMA."

La prolifération de ces nouvelles substances pourrait rendre encore plus ardue la mission des autorités de contrôle. "On a bossé dur, on a beaucoup surveillé, confie une source policière. Mais en face, on a des gars très bien organisés, très discrets. Trop professionnels pour se faire avoir."

Rémi Dupré (à Gap) et Stéphane Mandard

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Richie
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Re: Deux annés d'avance...rats de labo

Message non lu par Richie » 21 juil. 2013 20:53

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Tour de France : "Juan, Pat, aidez-nous à comprendre l'exceptionnel"

Le Monde.fr | 21.07.2013 à 19h50 • Mis à jour le 21.07.2013 à 20h38

http://www.lemonde.fr/sport/article/201 ... _3242.html
Antoine Vayer, ex-entraîneur de Festina et chroniqueur au "Monde", écrit aux présidents de l'Union cycliste internationale et de la Colombie, et en appelle à une vraie transparence sur la mesure des performances.

Nairo Quintana, Chris Froome et Joaquim Rodriguez, cigares à la main, le 21 juillet à Versailles.
"Cher Juan Manuel Santos Calderon, cher Pat Mc Quaid. Avant d'être respectivement président de la Colombie et de l'Union cycliste internationale, vous avez tous deux été à la défense, Juan au ministère, Pat à celle du vélo. L'un comme l'autre, vous avez été confrontés au scandale dit des faux positifs : Juan pour les exécutions de civils, Pat pour les preuves indirectes de coureurs trop performants. Les militaires et les cyclistes sont à l'attaque.

Elus, vous avez des responsabilités importantes concernant les problèmes de la drogue et des produits dopants, filières et trafics se confondant. Pat, tu m'écrivais le 26 janvier : "You think changing some people at the top of the UCI will change the culture of doping in our sport – which has been there for 100 years - you are wrong". Juan, dans la lutte historique de ton pays contre la drogue, ton gouvernement discute de la possibilité de légaliser les drogues douces, pour endiguer la violence.
LES SIX RADARS

Le 100e Tour de France devait être celui d'une nouvelle ère, entendait-on avant son départ, comme celui de 1999 avait été annoncé comme le "Tour du renouveau", un an après l'affaire Festina. On sait ce qu'il est en advenu : il a amorcé le début du septennat de Lance Armstrong. Chris Froome, qui vient de remporter son premier a dit qu'il en gagnerait bien encore six.

La légalisation des dopages "doux", comme les corticoïdes et la caféine (tu fus, Juan, faut-il le rappeler, le représentant de la Colombie à l'Organisation internationale du café), n'a pas endigué la violence des performances. Alors que Lance, en 1999, était resté sciemment dans le "vert", sous le seuil de la suspicion de 410 watts-étalons (406) de moyenne pour les quatre "radars" que nous avions posés alors (Sestrières, Alpe d'Huez, Piau Engaly et Soulor), avec un peloton ébranlé par l'affaire Festina, deux coureurs l'ont dépassé en 2013 : Christopher Froome (413), cher Pat, et Nairo Quintana (411), cher Juan, dans un peloton énervé par l'affaire "Armstrong".

Le Tour 2013 était pourtant l'un des plus durs de ces dernières années. Il comptait six terribles radars : Ax-3 domaines, Hourquette, Ventoux, Huez, Croix Fry, Semnoz. Froome a expliqué qu'il aurait pu aller plus vite. Il a géré, décontracté, ses watts après avoir "atomisé" ses adversaires dès dans le 1er col d'Ax-3 Domaines (446 watts quasi mutante) et dans le contre-la-montre plat du Mont Saint Michel, comme Armstrong le fit à Sestrières (420 watts même pas miraculeuse) et au contre-la-montre de Metz en 99.

Les performances en watts-étalons de ceux qui ont essayé de gagner le Tour de France 2013 sur chacun des six radars et leur puissance moyenne :
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LES SERVICES SECRETS, LES DOUANES LIBÉRÉES ET LA TOLÉRANCE ZÉRO

En 1999, la clairvoyance d'Armstrong et son encadrement digne du FBI américain, lui avaient permis de gérer l'après crise 98, tout en douceur. Ullrich, Pantani, les mutants d'alors, apeurés par la police, ne s'étaient pas déplacés. Un coup de 420 watts, à Sestrières donc, avait suffit à Lance, avec seulement trois autres radars gérés à 407, 385 et 412 watts pour enfoncer le clou. Il avait donc fini dans la zone "humaine", verte, symbole du physiologiquement possible, comme Greg LeMond naguère, pour gagner en apparence "à l'eau claire", sans pression. La presse en fit un dieu.

En 2013, Froome a fait appel à l'Intelligence Service anglais. Il fallait gérer non pas quatre mais six radars cette fois, où la fatigue devait opérer encore plus chez les autres. C'était sans compter sur l'opposition espagnole libérée, peu contrôlée par les douanes. Cela l'a obligé à se découvrir et à finir dans la zone suspecte à 413 watts de puissance étalon moyenne. Il a du s'employer et s'est senti obligé de battre des records d'ex mutants, comme celui très ardu du Ventoux, notre radar n°3, avec 416 watts.

Cher Pat, le maillot jaune se vante d'être le meilleur grâce aux technologies et à la qualité "révolutionnaire" de son suivi dans son équipe Sky-tolérance-zéro-contre-le-dopage visite du bus incluse. Ce n'est pas le cas, cher Juan, de son dauphin maillots blanc et à pois rouges Quintana, ni de ceux qui ont essayé de gagner le Tour dans son équipe. Movistar, qui ne prône pas la tolérance zéro, est l'ancêtre de la Banesto qui a mis tant d'années le peloton en file indienne derrière le roi Miguel Indurain et ses 80 kilos. Chez Movistar, on est pas "techno" comme Sky, on est plutôt empirique.

Le Portugais Rui Costa, embauché juste après avoir purgé sa suspension pour dopage a, en 6 h 11 min 52 d'efforts et avec quatre cols dont deux hors catégorie, sous la pluie, battu le record mythique du 5e col Radar, celui de la croix Fry avec 429 watts-étalon quasi-miraculeux. Ce record, sous le soleil, appartenait à un certain Floyd Landis, vainqueur positif du Tour 2006, où il avait été pourtant flashé, comme Lance en 99, avec une moyenne verte de 395 watts sur nos 5 radars.

CERISE SUR LE GÂTEAU

Juan, Nairo dit s'inspirer de Mauricio Soler, un autre de vos compatriotes qui a couru pendant une "année noire" du cyclisme (ça, c'est Pat que le dit) : le funeste Tour 2007 où le Danois Rasmussen, exclu, laissa la victoire à Contador. Comme Quintana, Soler avait aussi gagné le maillot de meilleur grimpeur. Il avait, comme on dit, les watts. Et certains de ses records mutants tiennent toujours. Celui qui mène du lieu dit "le Reposoir" jusqu'au sommet du col de la Colombière (450 watts), ou bien cet autre record absolu en temps de l'enchaînement des cols du Télégraphe et Galibier à partir de Saint Michel de Maurienne en 1 h 25 min 45. Soit une minute et cinq secondes de moins que Pantani en 98 lors de l'"exploit" qui fit de lui le vainqueur de ce Tour. C'est donc cette inspiration de Soler, qui, sans doute, a permis à Quintana d'établir avec 444 watts-étalon et 31 min 17 pour grimper 11 km de Quintal (738 m) à Cret de Chatillon (1655 m), avec une pente moyenne de 8,.34%, le record de cette montée de Semnoz, notre radar n°6, en toute fin de Tour, comme une cerise sur le gâteau.

Nous avions pris les devant et avions hélas, prédit son temps, en nous trompant en plus de 20s sur les prévisions les plus optimistes. C'est ce qui rend pessimistes. Nul doute que sa préparation originale, dans son hameau, à presque 3000 m d'altitude pendant deux mois et le recul du dopage sont les sources du succès de la nouvelle génération des coureurs colombiens. C'est ce qui nous avait été dit après la victoire de Quintana au Tour du Pays Basque, où nous avions posé des radars d'avant saison (avec des flashes à 435 watts sur des montées inférieures à 20 mn), pour ces courses à étapes d'une semaine pré-Grand Tours. Nous savions ce qui allait se passer au Tour, tout y est tellement prévisible.

Et que serait-il advenu si Rui Costa, au lieu de gagner le Tour de Suisse en juin, était venu se préparer dans le camp d'entrainement empirique du hameau natal de Nairo ? Movistar devrait y établir l'an prochain son camp de base. Elle qui compte aussi dans ses rangs Valverde, autre ancien suspendu, qui parvient à terminer 8e du Tour malgré un coup de bordure. Leur collectif pourrait battre celui des Sky qui prend aussi ses aises en altitude, à Ténérife, dans le cadre de sa préparation.

APPEL À LA VRAIE TRANSPARENCE

Cher Pat, tu seras d'accord avec moi : on peut regarder le verre à moitié vide et se dire que tout va bien. Celui des performances de nos coureurs Europcar, incapables de mener à bien leurs raids des années antérieures, à 30 % de leur rendement habituel. C'est vrai aussi pour Contador, qui n'est pas chez Movistar : à 399 watts-étalon moyen, l'ex-triple devenu double vainqueur du Tour est très loin de ses 423 watts de 2007, 439 watts de 2009 et 417 watts de 2010. Il lui faut plus de temps que Rui Costa et que Valverde pour se remettre de sa suspension pour dopage apparemment.

Pat, par ta faute, nous sommes obligés, hélas, de calculer de manière indirecte nos watts à nos radars. Ils sont pourtant affichés sur les écrans des compteurs embarqués de plus de deux tiers des coureurs du Tour. Mais tu es méfiant et nous suspecte de suspecter. Alors tu as interdit la transmission en direct de ces données. Elles pourraient pourtant intéresser les spectateurs, les "geeks", comme en Formule 1. Mais, c'est vrai, en Formule 1, on explique les composants des moteurs et leurs puissances extravagantes sont rationnelles. C'est mécanique et l'essence est la même pour tous les concurrents. Pourtant, sans résoudre un homme à une équation, nous sommes entourés d'éminents savants en 2013 qui, par le menu, pourraient nous donner des formules simples, pour nous rassurer.

Parce qu'enfin, de quoi est fait le "moteur" de Froome ? Ce "gamin cool qui n'avait pas d'aptitudes spéciales" comme le raconte son premier entraineur, David Kinjah. Il repousserait maintenant les possibilités humaines par un travail acharné ? Le travail mène à tout, certes. Mais quels sont ses chevaux fiscaux ? Comment ne sert-il pas la culasse avec ses nouvelles aptitudes ? Comme quelques-uns de ses poursuivants, il dépasse les limites et établit des records qu'on croyait à jamais réservés à une époque où les coureurs se dopaient. Et Sky promet que ce n'est qu'un début.

Juan, Pat, s'il vous plait, il faut continuer le combat. Ou alors, aidez-nous à comprendre l'exceptionnel pour que vos compatriotes et coureurs puissent continuer à envoyer des watts, en paix, sans être considérés comme des faux positifs."

Antoine Vayer

Pour tout comprendre sur le calcul des watts
http://www.lemonde.fr/sport/article/201 ... _3242.html
Le Monde.fr | 19.07.2013 à 15h47 • Mis à jour le 19.07.2013 à 16h28

Antoine Vayer, ex-entraîneur de l'équipe Festina, décrypte pour "Le Monde" les performances des coureurs lors du centième Tour de France. Il explique ici sa méthode.

En 2000, nous avons créé avec Frédéric Portoleau, ingénieur en mécanique des fluides, une méthode du calcul indirect de la puissance développée (en watts) par les coureurs. Elle permet de comparer leurs performances en "watts-étalons" (rapporté à un coureur "étalon" de 78 kg avec le poids de son vélo). Cette méthode s'est affinée au fil des années et les marges d'erreurs sont aujourd'hui de moins de 2 %.

Ce sont des coureurs de Festina, que j'ai entraînés entre 1995 et 1998, qui ont les premiers utilisé cette technique pour comprendre leurs performances. En 2013, environ deux tiers du peloton utilise un "SRM", capteur placé dans le pédalier, pourmesurer en direct leur puissance.
La compilation de toutes ces données pour les vainqueurs du Tour de France de ces 30 dernières années sont disponibles dans La Preuve par 21(alternativeeditions.com).
Ces calculs de puissances développés dans les cols nous ont permis d'identifiertrois zones de performances : le seuil suspect à partir de 410 watts, le "miraculeux" à partir de 430 watts et enfin le "mutant" au-delà de 450 watts.
Nous vous proposons ici trois exemples pour comprendre notre méthode.

1 - La modélisation du calcul de la performance de Chris Froome dans la montée Ax 3 Domaines : 446 watts quasi "mutants".
Radar de l'étape 8, le samedi 6 juillet. Arrivée à Ax 3 Domaines : 7,85 km en 21 min 40 s, entre 712 m (virage à droite 30 m avant panneau début Grand Prixde la montagne) et 1 362 m (lacet juste avant Grand Prix de la montagne). Nous prenons comme hypothèse une masse avec vélo de 76 kg pour Christopher Froome.
 Paramètres de calcul
Poids : 68 kg
Poids vélo + équipement : 76 kg
Surface frontale : 0,45 m²
Cx (coefficient de trainée, mesurant la pénétration dans l'air) : 0,825
Coefficient de roulement : 0,004
Vitesse moyenne : 21,74 km/h
Pourcentage moyen : 8.28 %
Densité de l'air 1000 m, 25 °C : 1,11
Rendement du vélo : 97,5 %
 Détails du calcul
Puissance nécessaire pour vaincre les frottements de l'air 1,1/2 × 0,45 × 0,825 × (21,74/3,6)^3 = 45 watts
Puissance/roulements 0,004 × 9,81 × 76 × (21,74/3,6) = 18 watts
Puissance/gravité (poids) 76 × 9,81 × (21,74/3,6) × 8,28/100 = 373 watts
Puissance totale (P/air + P/roulements + P/gravité) × 100/97,5 = 436 watts
A ces 436 watts, il faut ajouter la perte de puissance due à la transmission entre le pédalier et la roue arrière, 2,5 %. Le coureur doit en réalité développer 2,5 % de puissance en plus au niveau du pédalier, soit 436 × 1,025 = 447 watts.
Pour obtenir la puissance réelle développée par Froome dans Ax 3 Domaines, il faut ensuite prendre d'autres éléments en compte. Ainsi de l'aspiration et du vent favorable. Météo France avait prédit un vent du nord (de dos) de 5 km/h et les relevés effectués l'ont confirmé. Cette vitesse est valable dans les zones sans obstacles à 10 mètres du sol. Il faut alors tenir compte du gradient de vent pourobtenir la vitesse à 2 mètres de hauteur ainsi que de la rugosité du terrain.
De même la route comporte des lacets et n'est pas en ligne droite, donc la vitesse apparente du vent pour le coureur sera encore plus basse. La vitesse de vent favorable estimée est égale à 0,6 m/s. Cela représente un gain de 2 watts pour les résistances aérodynamiques. La puissance pour vaincre les résistances aérodynamiques est corrigée à 43 watts (45-2).
Il faut également considérer l'aspiration, qui apporte un gain de puissance de 2 % pour le coureur. Froome est resté abrité pendant les deux tiers de la montée avant son attaque. On suppose un gain de 30 % des forces aérodynamiques pendant cette période donc 0,66 × 43/3 = 9 watts quand il est resté dans la roue de Richie Porte. La puissance réelle estimée est finalement ramenée à 436 watts (447-2-9), ou encore 6,4 W/kg.
En puissance étalon (78 kg avec vélo), la performance produite par Froome, dans la montée d'Ax 3 Domaines, est estimée à 446 watts. C'est cette valeur qui nous permet de la comparer aux puissances développées par les autres coureurs.

2 - Prédiction de performance de Christopher Froome lors du Dauphiné libéré début juin
A la demande de certains "contradicteurs" anglo-saxons, par jeu, notre modèle mathématique avait permis de prédire le temps d'ascension de Valmorel par Froome, à deux secondes près : "We think Froome is able at maximum speed to climb Valmorel – 13,8 km, 6,84 % – in 32 min 30 s (6,15 W/kg), at 424 watts étalons" ("Nous pensons que Froome, à vitesse maximale, est capable de monterValmorel – 13,8 km, 6,84 % – en 32 min 30 s (6,15 W/kg), à 424 watts étalons").
Chris Froome avait gagné en 32 min 32 s.

3 - Comparaison entre la méthode directe (grâce à un SRM avec calcul direct), et la méthode Portoleau indirecte
Dans notre radar n° 2 du Tour 2013 de Hourquette Ancizan, une montée de 10,4 km effectuée en 31 min 51 s, nous avons eu accès au fichier SRM d'Alejandro Valverde, qui mesure sa puissance en direct. Il a développé 323 watts et nous lui avions trouvé par méthode indirecte une puissance de 329 watts, soit 2 % de différence. La rapport W/kg obtenu est de 5,4. Sa puissance étalon est de 370 watts (coureur de 78 kg avec vélo). Un gain de puissance de 2 % a été utilisé pour l'effet d'aspiration (drafting).

Antoine Vayer

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